III - LA TRINITE’

Posted by on 28 October 2022

La Vie des trois Personnes divines

1 - Il était, Il était, Il était au commencement (Disc. 135,3,4)

2 - La Trinité est Trinité sans laisser d’être le Dieu unique, tout comme Dieu est unique sans laisser d’être Trinité (Gn. s. litt. o. i. 16,61)

3 - Les personnes divines, tout en étant trois et chacune d’elles est Dieu, ne sont pas trois dieux. La Trinité entière est un seul Dieu (Disc. c. Ar. 15,9)

4 - ‘Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.  Au nom, et non pas aux noms, parce que ces trois ne sont qu’une seule chose, une seule nature, un seul Dieu (C. Max. 2,22,3)

5 - Nous sommes en face de quelque chose d’ineffable que l’on ne peut expliquer avec des mots. Il y a en même temps un nombre, et absence complète de nombre. Oui, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois; mais qu’est-ce que  ces trois? Dieu ne craint pas le nombre, mais il ne se lie pas au nombre. Si tu veux savoir ce que sont ces trois, le nombre ne sert plus. Dès que tu y penses, tu commences à compter; à peine as-tu compté, que tu es dans l’impossibilité de dire ce que tu as compté. Le nombre ne sert qu’à indiquer leur rapports réciproques et non ce qu’il sont en eux-mêmes (Comm. Ev. Jn 39,4)

6 - Le Fils vient du Père par naissance. L’Esprit-Saint vient du Père et du Fils par procession...L’auteur de cette procession est le Père, qui, en engendrant le Fils, lui a accordé que l’Esprit Saint procéderait aussi de lui (C. Max. 2,14,1)

7 - Mais, en parlant de cette nature divine si excellente, personne ne pourra expliquer la différence qui existe entre naître et procéder.  Tout ce qui procède ne naît pas, quoique tout ce qui naît procède; mais je ne me sens pas capable de distinguer entre la génération de l’un et la procession de l’autre (C. Max. 2,14,1)

8 - Les œuvres de la Trinité sont inséparables. Le Père seul, dans l'Écriture, n'est pas envoyé, parce que seul il n'a pas de principe de qui il soit engendré ou dont il procède. Par conséquent on affirme cela non point à cause d’une différence de nature, qui n’existe pas dans la Trinité, mais uniquement pour son autorité même on ne dit pas que le Père a été envoyé. Ce n’est pas l’éclat ni la chaleur qui envoient le feu, mais le contraire: le feu envoie et l’éclat et la chaleur (C. disc. ar. 4,4)

9 - Dieu agit selon les idées du Verbe et l’incubation de l’Esprit Saint (Gn. s. litt.1,18,36)

10 - La Trinité est le Dieu unique, dont la puissance nous a créés, ressemblance divine qui nous a formés à l’unité, Paix incomparable qui nous y tient unis. Il est le principe auquel nous retournons, le modèle que nous suivons, la grâce qui nous réconcilie (Vr. Re. 55,113)

11 - De Lui, grâce à Lui, en Lui sont toutes choses: de lui comme à celui qui ne doit à personne ce qu’il est; par lui, comme pour indiquer un médiateur; en lui, comme pour rappeler celui qui les renferme, c’est-à-dire forme le lien qui unit (F. Symb. 9,19)

12 - L'unité est dans le Père, l'égalité dans le Fils, et dans l'Esprit-Saint l’harmonie de l'unité et de l'égalité. Et les trois sont tous trois un dans le Père, tous trois égaux dans le Fils, et tous trois unis dans l'Esprit-Saint (Doc. chr. 1,5,5)

13 - Dans la Trinité l’essence, ou nature, est considérée simple parce qu’en elle être -exister - avoir s’identifient sauf la seule réserve de ce qui appartient à chaque personne relativement aux autres. En effet, le Père a un Fils et n’est pourtant pas Fils et le Fils a un Père sans être Père lui-même. En Dieu on identifie donc être et avoir sur la base des attributs considérés en sens absolu et non relatif. En sens absolu on dit en effet qu’il est vivant parce que, assurément il a la vie, mais il est sa vie même (Cité 11,10,1)  

14 - Tout ce qui se dit de la suprême sublimité de Dieu nous l’attribuons de manière absolue et s’affirme de la substance même de Dieu; et tout ce qui se dit des relations ne concerne que la personne et non la substance. Maintenons aussi que l’identité de substance est si forte, que tout ce qu’on attribue à chacune des Personnes en sens absolu doit être compris non pas au pluriel collectif, mais bien au singulier. Il n’y a pas trois Dieux ou trois grands, mais   autant le Père est grand, autant le Fils est grand, autant le Saint-Esprit est grand (Trin. 5,8,9)

15 - Et voilà une certaine image de la Trinité (qui a lieu dans l’esprit de l’homme): l’esprit, la connaissance qu’il a de lui-même: et qui est comme son enfant, comme le verbe engendré par lui et, troisièmement l’amour, (qui procède de la volonté). Ces trois réalités ne font qu’une seule chose et une seule substance. Et la connaissance n’est pas moindre que l’esprit, puisque l’esprit se connaît dans toute son étendue; et l’amour non plus n’est pas moindre que l’esprit, puisque l’esprit s’aime autant qu’il se connaît, et dans toute son étendue  (Trin. 9,12,18)

16 - Tu vois la Trinité, si tu vois la charité. En effet quand nous aimons la charité, nous l’aimons comme aimant quelque chose, précisément parce que la charité aime quelque chose. Car la charité qui n’aime rien, ni personne, n’est plus la charité. Or, si elle s’aime elle-même, il faut qu’elle aime quelque chose, afin de s’aimer avec charité. Qu’aime donc la charité sinon ce que nous aimons avec charité?   Il s’agit là de l’amour pour notre frère.  ‘Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, parce que l’amour est de Dieu. Ainsi quiconque aime, est né de Dieu et connaît Dieu. Qui n’aime point, ne connaît pas Dieu, parce que Dieu est amour’ (1 Jn. 4, 7-8). Donc la raison pour laquelle on ne voit point Dieu, c’est qu’on n’aime pas son frère. En l’aimant d’une charité spirituelle, nous possédons le regard intérieur par lequel on peut voir Dieu (Trin. 8.8.12)

17 - Nous devons aimer Dieu comme une certaine unité trinitaire: le Père, le Fils, le Saint-Esprit ne sont rien d’autre que l’être même. En effet Dieu est de manière véritable et suprême (Mœ. E. C. et M. 1,14,24)

18 - Les trois personnes divines viennent à nous quand nous allons à elles; elles viennent à nous en nous secourant et nous allons à elles en obéissant; elles viennent à nous en nous éclairant, nous allons à elles en les contemplant; elles viennent à nous en nous remplissant de leur présence, nous allons à elles en les accueillant (Comm. Ev. Jn. 76,4)

19 - L’essence divine est souverainement immuable dans son éternité, comme dans sa véracité et sa volonté. En Dieu la vérité est éternelle de même que la charité est éternelle; la charité est vraie de même que l’éternité est vraie; l’éternité est amour, de même que la vérité est amour  (Trin. 4, Pr.)

20 - Quand j’aime, voilà trois choses: moi, ce que j’aime et l’amour même. En effet je n’aime pas l’amour si je ne l’aime pas aimant, parce qu’il n’y a pas d’amour là où rien n’est aimé. Au contraire quand on s’aime soi-même, celui qui aime et ce qui est aimé sont la même chose. Or, s’aimer soi-même et aimer son propre amour sont deux choses différentes. L’amour en effet ne s’aime pas, s’il n’aime déjà quelque chose, parce que, là où l’on n’aime rien, il n’y a pas d’amour (Trin. 9,2,2)

21 - L’esprit, son amour et sa connaissance sont trois choses et elle n’en font qu’une: quand elles sont parfaites elles sont égales (Trin. 9,4,4)

22 - La mémoire, l’intelligence et la volonté ne sont pas trois vies, mais une seule vie. Chacune des trois considérée en elle-même, en sens absolu, est vie, esprit, essence; mais on les appelle mémoire, intelligence et volonté dans un sens relatif.  Et ces trois choses sont une seule chose (Trin. 10,11,18)

23 - Embrasse le Dieu d’amour et tu embrasseras Dieu avec l’amour (Trin. 8,8,12)

Le Père, qui donne la Vie

1 - Le commencement a rapport à la qualité de père. Vous qui êtes pères, reconnaissez Celui qui est dès le commencement: on devient père en reconnaissant celui qui est dès le commencement (Comm. 1Jn. 2,5) 

2 - Souverainement un est le Père de la Vérité, Père de sa divine Sagesse, qui est appelée son image et sa ressemblance, parce qu’elle l’égale en tout et elle procède de Lui (Vr. Re. 43,81)

3 - Dieu est notre Père, l’Eglise est notre Mère: nous sommes donc frères (Disc. 56,10,14)    

4 - Chacun de nous a son propre père sur la terre, mais tous ensemble nous avons au ciel un seul Père: ‘Notre Père qui es aux cieux’. C’est bien Lui que nous invoquons comme Père. Et ce Père unique n’a voulu s’adjoindre qu’une seule Épouse. Pourquoi alors, nous qui adorons un Père unique, ne reconnaissons-nous pas une seule mère? Si tu soutiens que tu es né d’une autre mère, c’est donc que tu dois la vie à un sein étranger (Disc. Ces. 5)

5 - Oh! de quel amour tu nous as donc aimés, Père infiniment bon, qui n’as pas épargné ton Fils unique, en le livrant aux impies pour nous! De quel amour tu nous as aimés, nous pour lesquels Celui qui n’a pas regardé comme une usurpation d’être égal à toi, s’est rendu obéissant jusqu’à la mort de la croix...Prêtre et sacrifice pour nous devant toi! (Conf. 10,43,69)

6 - Considérons, frères très aimés, celui dont nous avons commencé à être les enfants et vivons de la manière qui convient à ceux qui ont un tel Père. Voyez comment notre Créateur s’est daigné être notre Père (Disc. 57,2,2)

7 - Notre Père: ainsi le prie le chef et le mendiant, l’esclave et le maître. Ils disent ensemble: notre Père. Ils comprennent donc qu’ils sont frères du moment qu’ils ont un seul père. Par conséquent que le maître ne dédaigne pas d’avoir pour frère son serviteur, puisque le Christ Notre Seigneur a bien voulu l’avoir pour frère (Disc. 38,2,2)

8 - Les demandes de l’oraison dominicale, c’est-à-dire le notre Père, sont sept. Trois se rapportent à la vie éternelle: que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel; quatre se rapportent à la vie présente: donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour, pardonne-nous nos offenses, ne nous laisse pas entrer dans la tentation, délivre-nous du mal. Cette prière non seulement vous encourage à demander, mais aussi à apprendre ce que vous devez désirer (Disc. 59,5,8)

9 - Pense à Celui auquel nous disons, ‘Notre Père qui es aux cieux’. Ce n’est pas un ami ou un voisin. C’est Quelqu’un qui nous ordonne de nous entendre et comme nous sommes unis dans une seule voix devant le Père, pourquoi ne pas être unis dans une même paix? (Disc. 357,4)

Le Fils, Verbe du Père et lumière de Vèrité

1 - Le Verbe, le Fils de Dieu est distinct du Père, il est une autre personne, mais il n'est pas d'une autre nature que lui. Il est absolument tout ce qu’est le Père, excepté qu'il est le Fils et non pas le Père (Am. et or. 2,5,9)    

2 - Nous savons que le Fils de Dieu, en tant que Fils, n’a pas reçu l’être de lui-même, mais qu’il a été engendré par le Père. Nous savons que le Père au contraire n’a pas été engendré: il ne vient de personne, il n’a reçu la vie de personne. Le Fils a reçu la vie du Père, mais non comme s’il avait été une période sans vie pour la recevoir par la suite. En effet le Père lui a donné la vie, en engendrant la vie: en l’engendrant comme Vie, il lui a donné la vie. Le Père a la vie en lui-même, le Fils a en lui une vie égale a la vie du Père, toutefois le Fils n’a point reçu la vie de lui-même, parce que il n’est point né de lui-même, mais du Père. Il a reçu la vie du Père, puisqu’il est né vie du Père (C. Max.13)

3 - Il existe entre le Père et le Fils seulement cette différence: le Père a la vie en lui-même sans la recevoir de personne, tandis que le Fils a en lui la vie que le Père lui a donnée (Comm. Ev. Jn. 19,11)

4 - Le Père est donc un principe qui ne dérive pas d’un principe; le Fils est principe qui dérive du principe. Les deux ensemble ne sont pas deux principes, mais un seul principe, tout comme le Père est Dieu et le Fils est Dieu, mais les deux ensemble ne sont pas deux dieux, mais bien un seul Dieu (C. Max. 2,17,4)

5 - Le Père qui est source a engendré le Fils qui est source. Oui, la source a engendré la source; mais la source qui engendre et la source qui est engendrée sont une seule source, comme Dieu qui engendre et Dieu qui est engendré ne sont qu’un seul Dieu, c’est-à-dire le Fils engendré par le Père. Le Père et le Fils sono une seule chose, puisque unique est la substance, et Dieu est unique puisque la divinité est indivisible (Disc. 217,1)

6 - Ce que dit le Fils, le Père le dit aussi, puisque quand il parle, le Père prononce son Verbe, qui est son Fils. En parlant, si on peut dire ainsi, à sa manière éternelle d’être, Dieu le Père prononce son Verbe, qui lui est coéternel (Gn. s. litt.1,5,11)

7 - Puisque le Fils est le grand Verbe, la grande Parole du Père, le Père et le Fils s’entretiennent-ils peut-être au moyen de paroles moindres? Ôte tout ce qui est corporel, considère la simplicité divine, si tu veux être simple (Comm. Ev. Jo. 23,8)

8 - Par le fait même que le Fils est l’image du Père, il est sa puissance et sa sagesse. Il en est aussi l’image pleine et parfaite, c’est-à-dire non créée par lui de rien, mais engendrée par lui. Puisqu’il n’a rien de moins que Celui dont il est l’image, le Fils Unique est l’image suprême du Père, c’est-à-dire qu’elle est tellement ressemblante, qu’il n’y a en elle rien de différent (C. disc. Ar. 26,22)

9 - Par conséquent le Fils connaît tout ce que le Père connaît; mais il tient du Père la connaissance aussi bien que l’Être. Car, en Dieu, connaître et être c’est la même chose. Le Père, comme en s’exprimant lui-même, a engendré le Verbe qui lui est égal en tout. C’est ici qu’on reconnaît au souverain degré le: ‘Oui, oui, Non, non’. Le Fils ne peut rien faire de lui-même, si ce n’est ce qu’il a vu faire à son Père. Ne pouvoir le faire est un signe de puissance et ce n’est point la faiblesse, mais force, la force qui fait que la vérité ne peut être fausse. Dieu le Père connaît donc toutes choses en lui-même, il les connaît dans son Fils; dans lui-même, comme lui-même, dans le Fils comme son Verbe, qui procède de  tout ce qui est en lui (Trin. 15,14,24)

10 - ‘Je monte à mon Père et votre Père, à mon Dieu et votre Dieu’. Mon Père parce que je suis son Fils Unique; votre Père parce que vous avez été adoptés; mon Dieu parce que je suis devenu homme, votre Dieu parce que  vous êtes toujours hommes. Et encore: ‘depuis le sein de ma mère tu es mon Dieu’ (Disc. 229 L,2)

11 - Il n’aurait pas été approprié que le Père fût envoyé par celui qu'il avait engendré; il fallait au contraire que l'engendré fût envoyé par celui qui lui avait donné la vie: or, il n'y a pas là inégalité de substance, mais l'ordre réglé par la nature des choses; non pas que l'un soit antérieur à l'autre, mais l'un né de l'autre (C. Max. 2,14,8)

12 - Dans l'Ecriture Jésus-Christ est  désigné sous les titres de Fils unique et de premier-né: Fils unique parce qu'il n'a pas de frère; premier-né, parce qu'il a des frères. La foi catholique, qui établit une distinction essentielle entre le Créateur et la créature, ne laisse aucune difficulté dans l'interprétation de ces deux termes: Il est le Fils unique selon la divinité et il est le premier-né pour une société fraternelle avec les hommes, non pas dans l’égalité de la substance, mais par l’adoption de la grâce (C. Séc. 5)

13 - En effet, depuis Moïse jusqu’aux prophètes et aux apôtres, c’était toujours Dieu qui rendait témoignage à son Fils. Mais à présent Dieu rend témoignage à son Fils d’une autre manière. C’est par le moyen de son Fils même qu’il révèle son Fils, bien plus, par le moyen de son Fils il se révèle lui-même. Si l’homme parviendra jusqu’à lui, il n’aura plus besoin de lampe et, en creusant des fondations profondes, il assoira sûrement son édifice sur la pierre (Comm. Ev. Jn. 23,4)

14 - Le Fils connaît le Père par lui-même; nous le connaissons par lui (Comm. Ev. Jn. 47,3)

L’Esprit Saint, feu d’amour

1 - Dans la Trinité, le nom de Verbe de Dieu n’est donné qu’au Fils, le nom de don de Dieu n’est donné qu’au Saint-Esprit et celui de Dieu le Père au principe dont le Verbe est engendré et dont procède en premier lieu le Saint-Esprit. En effet le Saint-Esprit procède aussi du Fils. Mais le Père a donné cela aussi au Fils, en l’engendrant. De telle manière l’ Esprit-Saint est leur don commun et il est l’Esprit des deux (Trin. 15,17,29)

2 - L’Esprit-Saint est le Don de Dieu, en tant qu’il est donné à ceux qui aiment Dieu par lui ((Trin. 15,19,35)

3 - De ce que Dieu le Père et Jésus-Christ sont appelés le seul vrai Dieu, il ne s'ensuit donc nullement que le Saint-Esprit ne soit pas aussi véritablement Dieu (C. Max. 2,15,4)                                                                                                                                                                                                                              

4 - L’Esprit-Saint est la charité réciproque du Père et du Fils: Dieu est charité.
Comment peut-on nommer le Père et le Fils en faisant abstraction de la charité du Père et du Fils? (Comm. Ev. Jn. 9,8)

5 - L’Esprit-Saint est sorti dit Père, non comme Fils, mais comme don. Nous ne saurions donc le nommer Fils, puisqu’il n’est point né comme Fils unique du Père, et il n’est point venu au monde comme nous. Quand nous disons que le Fils est né du Père, nous n’avons égard qu’à sa génération éternelle, et nullement à sa génération temporelle. Aussi n’est-il point Fils du Père dans le même sens qu’il est fils de l’homme. S’agit-il au contraire de l’Esprit qui est donné, nous le rapportons également et à celui qui le donne, et à ceux auxquels il est donné. Ainsi l’Esprit-Saint n’est pas seulement l’Esprit du Père et du Fils qui nous l’ont donné, mais il est encore l’Esprit de nous tous qui le recevons (Trin. 5,14,15)

6 - L’Esprit-Saint est charité: ils’attribue en propre ce qui est commun au Père et auFils (Trin. 15,19,37)

7 - L’Esprit-Saint est la même communion consubstancielle et coéternelle de charité du   Père et du Fils. Or si en Dieu la charité était moins grande que la sagesse, la sagesse ne serait pas aimée, alors que la sagesse est égale au Père; donc le Saint-Esprit lui est égal aussi, en tout, à cause de la parfaite simplicité qui caractérise cette substance divine (Trin. 6,5,7)

8 - L’Esprit-Saint n’habite en aucune personne sans le Père et le Fils, tout comme le Fils sans le Père et l’Esprit-Saint. En effet l’habiter et l’agir des trois personnes est inséparable; mais la plus part du tempselles se manifestent singulièrement, non pas dans leur nature, mais grâce à une créature qui les manifeste (Disc.71,20,33)

9 - Quel grand Dieu que celui qui donne un Dieu! (Trin. 15,26,46)

10 - Qu’il est donc grand ce bien, sans lequel de si grands biens ne sauraient conduire personne à la vie éternelle! (Trin. 15,18,32)

11- Si l’Esprit-Saint, en tant que don de Dieu, est éternel, il n’a été donné que dans le temps. (Trin. 5,16,17)

12 - Amour libre et indigent (Gn. s. litt. 1,7,13)

13 - L’Esprit-Saint partisan de liberté et guide à la liberté (Comm. Gal. 54)

14 - Reçois l’Esprit Saint sur la terre et tu aimes ton frère: reçois-le du haut du ciel et tu aimes Dieu (Disc. 265,9)

15 - Le Seigneur nous a donné l’Esprit-Saint comme gage, dans lequel nous ressentons sa douceur et nous désirons la même source de la vie, où avec une sobre ivresse (ebrietas) nous serons inondés et irrigués. Une telle ivresse ne bouleverse pas l’esprit, mais toutefois le ravit en haut et donne l’oubli de toute chose de la terre (C. Cresc. 9,10)

16 - L’Esprit-Saint est la charité répandue dans nos cœurs: non pas celle avec laquelle Dieu même nous aime, mais celle avec laquelle Dieu se fait aimer par nous (Mir. Sacr. 32,56)

17 - Que le Seigneur te vienne en aide; que son divin Esprit répande dans le tien une telle puissance d'humilité, une telle lumière de vérité, une telle douceur de charité, une telle paix de piété, que tu préfère mille fois te vaincre en faveur de la vérité que  soutenir le mensonge contre tel adversaire que ce soit (Am. et or. 3,23)

18 - L’Esprit-Saint nous devons le garder dans notre cœur tous les jours…Le Christ a épousé son Église et lui a envoyé le Saint-Esprit. Il est comme la bague de mariage; et celui qui lui a donné la bague lui donnera aussi l’immortalité et le repos. Nous l’aimons, nous espérons en lui, nous croyons en lui (Disc. Nou. 31,9)

19 - Ce que l'âme est pour le corps humain, l'Esprit-Saint l'est pour le corps du Christ qui est l’Église; l'Esprit-Saint fait dans toute l'Église ce que fait l'âme dans tous les membres d'un même corps (Disc. 267,4)

20 - Celui qui aime a déjà l’Esprit-Saint et, l’ayant, il mérite de l'avoir encore à un degré plus éminent et ainsi son amour augmente. Ce qui augmente la grandeur du don de l’Esprit-Saint c’est aussi d’en avoir une conscience plus vive (Comm. Ev. Jn. 74,2)

21 - Que l’Esprit-Saint te vienne en aide: il ne dédaignera pas d’être le portier. Le Seigneur Jésus dit de lui : ‘Il vous enseignera la vérité toute entière’ (Jn. 16, 13) Qui est la Porte? Le Christ. Qu’est-ce que le Christ? La Vérité. Qui est-ce qui ouvre la porte, sinon Celui qui enseigne toute vérité? (Comm. Jn. 46,4)

22 - L’Esprit-Saint ne parle pas de lui-même, mais il écoute Celui dont il procède. Écouter c’est pour lui savoir et savoir c’est être. Donc sa science lui vient de Celui dont il tient son essence; et écouter  pour lui n’est pas autre chose que sa science (Comm. Ev. Jn. 99,4)

23 - Si vous voulez vivre de l’Esprit-Saint, conservez la charité, aimez la vérité, désirez l’unité et vous parviendrez à l’éternité (Disc. 267,4)

24 - Sans l’Esprit, la lettre tue, parce qu’elle ne libère pas le pécheur, mais le rend responsable. Quand quelqu’un t’ordonne de faire quelque chose d’après la loi, invoque l’Esprit pour qu’il t’aide (Disc. 229M,2)

25 - On pèche contre le Saint-Esprit, quand, se laissant aller au désespoir, ou même tournant en dérision et méprisant formellement la prédication de la grâce qui efface nos péchés et celle de la paix qui nous tient réconciliés avec Dieu, on refuse de faire pénitence de ses péchés et on persévère jusqu'à la fin dans cet état. (Qu. Rom. 14)

26 - L’Esprit-Saint, quand il est apaisé et bienveillant, il accorde la paix à ceux qui sont doux et humbles de cœur, quand il est contraire et hostile, il tourmente avec l’inquiétude les violents et les superbes (Lett. 55,16,29)

27 - Puisque l’Esprit-Saint est Dieu, nous aimons Dieu à travers Dieu (Disc. 34,3)

28 - On ne peut pas dire que celui qui est dans l’Église et se mêle aux brebis du Christ, seulement physiquement et hypocritement, appartient à la communion de l’Esprit. Puisque l’Esprit, maître de la doctrine, a en horreur l’hypocrite (Disc. 71,19,32)

29 - Le Saint-Esprit sanctifie de plus en plus les mortels en qui il habite, et qui font des progrès en se renouvelant de jour en jour; il exauce leurs prières, pardonne à l'aveu de leurs fautes, pour se préparer à lui-même un temple sans souillure pour l'éternité.…Même si le dernier jour de la vie arrive pour cette sorte de chrétiens avant de parvenir à l'âge spirituel de l'intelligence, l'Esprit-Saint qui habite en eux, leur donnera ce qui leur aura manqué d'intelligence, parce qu'ils ne se seront pas séparés de l'unité du corps du Christ, ni de la société du temple de Dieu. Aussi de certaine manière ils marchent dans l’effort d’avancer dans la voie de la perfection, en implorant de Dieu, par la piété inspirée par la foi, la clarté de l’intelligence) (Lett. 187, 8,28-29)